hors sujet  posté le dimanche 09 novembre 2008 21:07

La première écriture d'invention de l'année j'ai fait du hors sujet ^^, le sujet c'était: toute écriture est une réécriture, mais j'en ai rien à foutre d'avoir fait du hors sujet parce que je me suis amusé à écrire ce truc : J'ai toujours voulu être écrivain. Surement parce que mes proches m'ont toujours affirmés que j'en étais incapable: mes parents me disaient que je n'avais pas d'imagination, et mes professeurs, que je n'avais pas de style. Peut-être était-ce vrai, cependant j'étais intimement convaincu qu'en moi-même sommeillait un auteur de talent. Mes années lycéennes ayant pris fin, j'entrepris des études de lettres modernes. Je dois avouer que je n’étais pas très brillant, mais j’obtins tout de même ma licence. Je décidais par la suite d’arrêter mes études et de gagner ma vie à l’aide de ma plume. Après avoir quitté le cocon familial, je louais une minuscule chambre de bonne dans la capitale. C’était un peu vétuste, et je n’avais pas beaucoup de place, mais grâce à mon bon goût dans la décoration, je l’aménageais de manière à ce que cet endroit devienne accueillant et chaleureux. Je décidais d’installer mon bureau juste en face de la petite fenêtre. Au départ ce fut simplement pour une raison pratique : ainsi j’aurais plus de lumière lorsque j’écrirais ; mais je me rendis compte que c’était vraiment l’endroit idéal lorsque je réalisais que, assis à mon bureau, j’avais une vue imprenable sur tout le quartier. Afin de pouvoir me sustenter en attendant la publication du best-seller que je ne tarderais surement pas à écrire, je réussis, grâce à mon talent et à quelques relations, à me faire engager en tant que pigiste. Je devais écrire des articles sur tout et n’importe quoi ; ce n’était pas un métier très glorifiant, mais j’étais sur que cela ne durerait pas. Cependant la situation commença à s’éterniser. Chaque soir je m’asseyais à mon bureau et je contemplais la rue, cherchant l’inspiration créatrice. Les mois passaient et elle ne m’avait toujours pas effleuré. C’est alors qu’arriva le jour où je rencontrais ma muse. Je sortais à peine du métro, m’apprêtant à rentre chez moi, lorsqu’une tornade brune se rua sur moi, manquant de me faire tomber par terre. « André ! André Bovard ! » Moi je m’appelle Jacques Dupont. Je le lui dis et, rouge de honte elle m’expliqua que je ressemblais traits pour traits à un de ses amis. Elle ne m’avoua que bien plus tard qu’elle était myope et que, vu de prés, je ne ressemblais que très peu à son ami. Rentré chez moi, je décidais d’écrire une histoire d’amour entre un jeune homme et une jeune femme qui se seraient rencontrés dans un train. Je revis la fille deux semaines plus tard au pressing du bas de la rue. J’y allais environ une fis par semaine mais je ne l’y avais encore jamais vu car avant, elle s’occupait du repassage dans l’arrière boutique. Ce jour-là, elle avait été promue au comptoir. Je décidais de lui montrer mon ébauche de roman en lui expliquant que c’était elle qui me l’avait inspiré. Mon roman dut lui plaire, car par la suite elle vint me voir chez moi plusieurs fois. Après chacune de ses visites, je m’asseyais à mon bureau, la tête pleine d’idées. Un jour où elle était chez moi, elle me confia qu’elle écrivait elle aussi, mais uniquement par plaisir. C’est alors que je compris que notre rencontre n’était pas uniquement due au hasard. Elle emménagea chez moi au printemps, et trois mois plus tard, je décrochais un contrat avec une maison d’édition. Lorsque mon roman fut publié, il eut un succès phénoménal. Dés lors, ce fut ma belle époque ; j’étais heureux, je vivais dans l’insouciance, sans me préoccuper de quoi serait fait mon lendemain. Je décidais même d’arrêter la pige. En revanche je me refusais, bien que cela me fût largement possible, de déménager. Seulement ce qui devait arriver arriva, le succès me fut fatal et mon éditeur me demanda de rééditer mon exploit. Ce soir-là, comme au bon vieux temps, je m’assis à mon bureau, ma femme (car nous nous étions mariés entre-temps) derrière moi. Mais l’inspiration ne revenait pas. J’avais des idées bien sûr (une histoire où un homme vivrait heureux avec sa femme), mais la mienne, de femme, m’affirmait que cela n’intéresserait personne. Le temps passait et je commençais à désespérer. C’est alors que j’eus l’idée de m’inspirer de ce qu’écrivait ma femme. Je fouillais dans ses papiers et parvins à trouver ses manuscrits. Il y avait là plusieurs dizaines de romans. Des romans d’action, des histoires d’amour, des policiers, de la science-fiction, du fantastique ; il y en avait des politiquement engagés, des poétiques, des captivants, d’autres où il fallait réfléchir. Et je dois admettre qu’elle avait un style pas trop mauvais. Je décidais de me servir du début de ses histoires afin de me guider, puis d’inventer par moi-même. Mais malgré tous les genres et les styles que j’essayais, je ne réussissais à chaque fois qu’à reproduire quasiment à l’identique ce qu’elle avait écrit. Après plusieurs jours, de rage et de désespoir, j’apportais à mon éditeur un manuscrit très fortement inspiré d’une des histoires de ma femme, qu’il trouva meilleur que mon premier roman. Le livre fut publié quelques mois plus tard. J’eus alors beaucoup de chance : ma femme m’annonça qu’elle était enceinte, et accaparée par sa grossesse, ne se rendit pas compte de mon honteux plagiat. Honteux peut-être, mais devant le succès qu’il me procura, je réitérais cet acte vil plusieurs fois. Fatalement et comme on pouvait s’y attendre, quelques mois après la naissance de mon fils, ma femme me lut. Trois jours plus tard, les valises encombraient l’appartement. Il était convenu qu’elle retourne habiter chez ses parents, et étant d’un naturel généreux, que je lui verse tous les mois une pension destinée à l’éducation de mon fils dont je lui laissais la garde. Ce n’est pas que je fuyais mes responsabilités de père, mais je craignais simplement que mon enfant me déconcentre si je me remettais à écrire. Seulement je n’étais pas naïf, je savais bien que sans elle j’étais un écrivain raté. Aussi lorsque vint le moment fatidique où elle s’apprêta à franchir le seuil de ma porte définitivement, je me jetais à ses pieds. Non par pour l’implorer de rester, car je savais qu’elle ne me ferait jamais plus confiance ; mais pour lui demander de m’aider, de me donner des idées, de me dire comment elle faisait pour avoir tant d’imagination. Elle resta un moment songeuse sur le pas de » la porte, mon fils entre ses bras, puis elle me répondit : « Quand j’écris, je m’inspire de tout ce qui se passe autour de moi. » Et elle partit. Moi je restais là, à méditer ses paroles. Au bout de quelques heures, il me vint l’idée d’une histoire où un homme serait quitté par sa femme. Mais je ne me faisais pas d’illusion : Cette histoire était entièrement inspirée de ma propre vie, et lorsque je l’aurais achevée (non pas ma vie mais l’histoire), je n’aurais plus rien à écrire. Je m’installais à mon bureau, comme tant de fois je l’avais fait, et regardais par la fenêtre. Au dessous de moi, le monde grouillait de vies. Ici un SDF dormant par terre, là une femme encombrée par ses sacs de course trop pleins. Il y avait sur une placette quelques stand de marcher, où le poissonnier et le charcutier rivalisaient à l’aide de leurs cordes vocales par dessus les ménagères affairées à trouver leur bonheur entre les choux, les radis, les soles meunières, les carottes et les saucisses de Francfort. Un maître et son chien suivaient subrepticement une jeune femme essuyant la mayonnaise de son sandwich thon/crudité qui dégoulinait sur son menton. Un homme en costard-cravate appuyé contre un poteau jetait un coup d’œil à sa montre-bracelet en argent toutes les trois secondes et demi. Une jeune fille distribuait des tracts qui finissaient pour la majorité dans une poubelle à quelques centimètres de là. Une bande de jeune, canettes à la main, s’esclaffaient à propos d’un homme tellement enrobé qu’il avait des difficultés à monter dans un taxi. Tout ce monde vivait en dessous de moi. Chaque individu partageant la vie de l’autre pendant une seconde, un regard, une bousculade. Chacun vivant sa petite histoire. Et c’est là que je compris ce qu’avait voulu dire ma femme. L’inspiration, je pouvais la prendre dans toutes ces choses qui faisaient mon quotidien, dans toutes ces vies, dans toutes ces histoires dont je croisais le chemin caque jour. J’allais m’inspirer des histoires de ces gens, j’allais écrire leurs vies. Je posais mon stylo sur une feuille de papier et commençais à écrire. A partir de ce moment je publiais de nombreux livres. Ils ne me rapportaient pas tous un franc succès, mais j’avais quelques fidèles qui me lisaient avidement et me faisaient vivre. Les années s’écoulèrent tranquillement jusqu’au jour où ma femme rentra à la maison. Elle apparut sur le pas de la porte et dit : « Tu vois que tu pouvais le faire. » Puis elle rentra et entreprit de défaire ses valises. Aujourd’hui je vis heureux avec ma femme et notre enfant. Moi je continue à écrire avec toujours autant de succès. J’ai même réussis à convaincre ma femme de faire publier ses livres. Et mon fils, malgré son jeune âge, fait déjà preuve des qualités d’écrivain de son père. Bon j'ai pas envi de me prendre la tête avec ma barre d'outils toujours inexistante et les images toujours occupant la même position métaphysique que ma barre d'outils. Sur ce je vais me coucher parceque mine de rien, rien faire c'est creuvant, bon soir.
Partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.191.106) pour vous identifier.     

Tous les commentaires de l'article:
hors sujet

  • Scorp'

    jeu 13 nov 2008 21:12

    cherche pas ma mite préféré !
    t'en auras plein d'autres...

    pour nous montrer encore et encore ton indéniable talent !!

  • nana01

    mar 11 nov 2008 19:40

    waw! C'est super bien écrit! Je ne connais pas ton blog depuis très longtemps mais je sens qu'il va me plaire! Et puis c'est pas tellement un HS, ya l'idée du sujet dedans quand il copie sa femme! Enfin après je suis pas prof de français mais bon...

  • Dieu FOu

    lun 10 nov 2008 22:48

    meuh, tu écris bien, la preuve, t'écris pas en SMS
    j'ai fait un Hors Sujet mais, c'était le BAC, alors je me suis tapé 7/20 et sa fait mal.
    Au fait, tu es post-candidate au poste de Secrétaire Générale du Parti, si tu veux être candidate, rendez vous sur mon blog dans quelques jours car jsuis fatiguée


 

fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à adolescenteencrise

Vous devez être connecté pour ajouter adolescenteencrise à vos amis

 
Créer un blog